Association pour la Promotion de l'Auto-Construction et de l'Habitat Ecologique

Autonomie, Permaculture, Agroécologie, Construction et Habitat Ecologique

05-08-2017 : Compte Rendu Journée de formation des bénévoles aux Escuroux


Compte Rendu

Journée de formation des bénévoles, aux Escuroux le 20 juin 2017

Thèmes abordés : Permaculture & Autonomie

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Présents : Jean Baptiste A., Cécile G., Bénédicte R., Florence, Amandine (de Langlais), Liya (de Langlais), Grégory R., Anne D., Marion S.

Excusé : François A, Guillaume S.

 

Le matin, nous avons visité le jardin des Escuroux, à Cayrols (15) espace d'expérimentation sur des techniques encore peu répandues mais qui gagneraient à être plus connues.

 

Nous y avons vues :

  • Plusieurs haies fruitières ;

  • Des prairies gérées en pâture « douce » ;

  • Des buttes multiétagées (plusieurs étages pour optimisation du rendement photosynthétique, où les espèces ne se font pas concurrence, avec des fixateurs d'azote un peu partout pour profiter aux plantations).

La plupart des buttes sont implantées sous formes de baissières pour ne perdre aucune goutte d'eau (fossés suivant les courbes de niveau, les buttes sont implantées en aval du fossé, afin d'encourager l'infiltration des eaux de pluie, que les plantations profitent de cette eau de pluie, et ainsi éviter les phénomènes de ruissellement) ;

Dans l'absolu, ces plantations ne sont pas arrosées grâce à un bon paillage une fois l'an et le système des baissières qui fait que chaque goutte d'eau qui tombe profite aux plantations.

  • Des écosystèmes viables et qui fonctionnent en synergie.

 

L'on a pu comprendre que l'idée de permaculture est très liée à la gestion de l'eau (et des ressources en place en général), afin d'être le plus autonome et le moins dépendant possible.

 

Selon Mathieu Foudral, la permaculture ce n'est pas compliqué au sens propre, mais cela demande un effort de conception au départ, et une réflexion préalable, sur la globalité d'un espace.

 

Dans cette conception, outre la possibilité de mettre beaucoup d'espèces différentes sur les buttes, en multi étages (grands tiges, moyennes tiges, arbustes, petits fruits, légumineuses, vivaces, mellifères, médicinales, sans oublier les grimpantes et j'en oublie), on peut imaginer diverses possibilités entre les baissières (pâtures, céréales mm à plus grande échelle si on prévoit la place suffisante pour le passage d'un engin, rûches, maraichage, poulailler.....)

 

 

L'après midi , en salle, a été plus théorique.

 

Partie Permaculture, par Mathieu Foudral

 

Une réflexion a été initiée autour des termes « bio », « agroécologie » et « permaculture » ;

Ce que l'on peut retenir des discussions et des notes, c'est qu'autour de ces différents termes, et selon les époques et les contextes, les sens premiers des mots ont dérivés, pour aboutir à des concepts pas forcément très cohérents. Des avancées sont faites, même si il y a toujours un fossé entre une notion productiviste, et une vision plus globale où chaque élément tient une place.

 

Réflexion également autour des notions de « rendement à l'hectare » et de « productivité au m2 », 2 notions en fait assez différentes et difficiles à comparer. (La notion de rendement à l'hectare est une vision simple de la pesée des productions, qui, si l'on voulait être tout à fait honnête sur cette notion de rendement, devrait intégrer la suppression des subventions touchées, et intégrer des coûts de dépollution des sols et de l'eau pour rendre à la nature qq chose de « neutre » ; la notion de productivité au m2 intègre d'emblée une idée de diversité de production, donc de biodiversité, sans parler de la production de biomasse, de matière organique, il y a également une idée d'infiltration des eaux de ruissellement, d'épuration des eaux, et un rapport à l'énergie grise de ce qui est produit complètement différent (rappel : l'énergie grise est toute l'énergie consommée pour un matériau donné, « du berceau jusqu'au tombeau »).

 

La permaculture porte en elle l'idée de résilience, c'est à dire la capacité d'un système à absorber les chocs et à perdurer.

 

Un débat s'en suit, à part entière, autour du mot « permaculture », et sur la façon de vulgariser cette vision globale qui est, en fait, une vision du monde.

A la question « pourquoi la permaculture ? », l'on pourrait présenter un qq sorte un « tableau noir » de l'avenir (tel qu'il se profile si rien ne change), qui permettrait d'expliquer pourquoi on fait ce genre de choses (planter des arbres, réfléchir à la conception d'un système et des interactions entre ses éléments, AVANT d'implanter son jardin ou sa ferme, pourquoi pailler, zoner, associer...)

 

Plusieurs idées émergent autour de cet objectif de vulgarisation :

  • l'idée de rééditer le flyer en le modifiant avec les nouvelles idées ;

  • l'idée de faire une maquette pour illustrer le principe des baissières, à l'échéance de la foire bio d'Aurillac le 3 septembre (Cécile et Rémi sont volontaires) ;

  • et l'idée de travailler un scénario sur 2 façons différentes d'envisager la création d'un lieu maison/jardin avec les difficultés énergétiques & climatiques qui s'annoncent. Ce double scénario pourrait être un prémice à un travail pédagogique plus ambitieux sous forme de BD, avec chiffres à l'appui, à suivre... Grégory propose de commencer à y réfléchir ;

 

 

Partie Autonomie Energétique, par Rémi Richart

 

Pourquoi chercher à développer l'autonomie énergétique  ?

 

Pour plusieurs raisons :

  • être résilient (résistant par rapport à un choc) ;

  • diminuer son impact sur l'environnement (en sortant du nucléaire notamment).

     

Rémi nous a parlé des différentes énergies renouvelables (soleil, vent, eau, bois) et pour chaque source d'énergie, il nous a indiqué où en était la technologie en France et ailleurs, et les moyens à mettre en œuvre pour diminuer (voir annuler complètement pourquoi pas) sa facture d'électricité.

 

Il nous a rappelé qu'en France, l'électricité est la moins chère du monde, et qu'un hausse importante est annoncée officiellement d'ici 2030, ce qui présage de forts bouleversements en fait, et ce, rapidement (notamment à cause du démantèlement des centrales nucléaires).

 

Divers systèmes ingénieux ont été évoqué, afin de limiter sa consommation d'électricité, ou d'en produire.

 

La journée se termine à 18h. Un grand merci aux formateurs et aux organisateurs.